Le potager au naturel · on a testé chez nous

Pailler son potager : quel paillage choisir, quand et comment

Pailler son potager, c'est moins arroser, moins désherber et nourrir la terre en même temps. Mais quelle matière choisir, quand la poser, sur quelle épaisseur ? On te partage ce qu'on fait chez nous, avec un paillage un peu particulier : la litière de nos lapins.

Jeunes chicorées frisées sur un paillage de paille au potager, à l'automne

Olivia & Adrien

Sommaire
  1. À retenir
  2. Pourquoi pailler son potager ?
  3. Quel est le meilleur paillage pour le potager ?
  4. Quand pailler son potager, et sur quelle épaisseur ?
  5. Comment pailler son potager en hiver ?
  6. Faut-il enlever le paillage au printemps ?
  7. En résumé : un sol jamais nu
  8. Questions fréquentes sur le paillage du potager

À retenir

  • Pailler son potager, c’est couvrir la terre d’une matière naturelle : moins d’arrosage, moins de désherbage, et un sol nourri.
  • Le meilleur paillage est celui que tu as sous la main : paille, feuilles mortes, tonte séchée, litière d’animaux.
  • Compte 5 à 10 cm selon la matière, 2 à 3 cm seulement autour des jeunes plants.
  • En hiver, on paille épais (10 à 20 cm) pour protéger la terre et les légumes restés en place.
  • Au printemps, on écarte ou on incorpore le paillage pour laisser la terre se réchauffer avant de semer.

Une terre nue, c’est une terre qui sèche, qui se tasse et qui se couvre d’herbes. Une terre paillée, c’est l’inverse : elle reste fraîche, souple et vivante. Pailler son potager est sans doute le geste le plus rentable du jardin au naturel.

Chez nous, le paillage a une histoire un peu particulière : on paille avec la litière de nos lapins. De la paille naturelle, avec tout ce que les lapins y ont laissé. Et on va te montrer pourquoi c’est une excellente idée.

Pourquoi pailler son potager ?

Pailler son potager limite l’arrosage et le désherbage, protège la terre du soleil, de la pluie battante et du froid, et la nourrit en se décomposant. Le paillage favorise la vie du sol, qui rend les nutriments disponibles aux légumes.

Pourquoi pailler son potager ? Parce qu’une couverture végétale fait, gratuitement, une bonne partie du travail du jardinier (ADEME) :

  • Moins d’arrosage : le paillage limite l’évaporation, la terre reste humide plus longtemps.
  • Moins de désherbage : privées de lumière, les herbes spontanées lèvent beaucoup moins.
  • Une terre nourrie : en se décomposant, le paillis devient de l’humus. La terre devient plus souple et plus aérée.
  • Une terre vivante : vers de terre et micro-organismes travaillent à l’abri, et rendent les nutriments disponibles pour les légumes.
  • Une terre protégée : du soleil qui la dessèche, de la pluie qui la tasse, et du froid en hiver.

Bonus : c’est une façon de recycler sur place tes déchets verts, feuilles, tontes ou litières, au lieu de les sortir du jardin.

Quel est le meilleur paillage pour le potager ?

Le meilleur paillage pour le potager est une matière végétale qui se décompose vite : paille, feuilles mortes, tonte séchée ou litière d’animaux en paille. Les paillis minéraux, l’écorce de pin et le thuya sont à éviter au potager.

Quel paillage pour le potager ? Au potager, on cherche un paillis de courte durée : il se décompose en quelques semaines ou quelques mois, nourrit la terre, et ne gêne pas les rotations de cultures. Les paillis lents, comme les écorces ou les copeaux, conviennent mieux aux arbres, aux haies et aux allées (ADEME).

PaillageAu potagerCe qu’il faut savoir
PailleLe classique, sur toutes les culturesSèche et aérée, elle gêne les limaces. Elle consomme un peu d’azote en se décomposant
Litière de lapin (paille)Excellent, testé chez nousLa paille plus l’azote des crottes et de l’urine : paillage et engrais à la fois
Feuilles mortesTrès bon, surtout en automneGratuites. Elles s’envolent au début : mélange-les à de la paille ou humidifie-les
FoinBon, plus riche que la pailleIl peut contenir des graines d’herbes
Tonte de gazonBon, en couche fineÀ faire sécher 1 à 2 jours avant, sinon elle fermente et attire les limaces
Carton brunPour préparer une nouvelle plancheSans encre colorée ni scotch, recouvert de paille ou de feuilles
Paille de lin ou de chanvrePratique sous les fraisiers et les tomatesS’achète en sac. Le lin peut former une croûte en surface
BRF (bois broyé)Plutôt pour les allées et les arbustesBois riche en carbone : risque de faim d’azote sur les légumes
À éviterThuya, cyprès, aiguilles de pin, écorce de pin, paillis minérauxSubstances toxiques, sol acidifié, ou aucun apport à la terre (ADEME, DRAAF)

Testé chez nous

Paillage de paille issue de la litière des lapins, avec crottes visibles, posé sur le potager

Notre paillage : la litière des lapins. Chez nous, la litière de nos lapins est en paille naturelle. Quand on la change, elle part directement sur le potager, en petit tapis, avec le pipi et les crottes. Et c’est là que ça devient intéressant. Le défaut de la paille, c’est qu’en se décomposant, elle mobilise de l’azote du sol : c’est la « faim d’azote » (PNR de la Haute Vallée de Chevreuse, ADEME). L’urine et les crottes de lapin apportent justement cet azote. Résultat : un paillage qui protège la terre et la nourrit en même temps, sans rien acheter.

Faim d’azote, c’est quoi ? Les matières riches en carbone, comme la paille ou le bois, sont décomposées par les micro-organismes du sol, qui puisent pour cela dans l’azote disponible. Les légumes peuvent alors en manquer pendant un temps. C’est pour ça qu’on laisse toujours le paillage en surface, sans l’enfouir (ADEME).

Quand pailler son potager, et sur quelle épaisseur ?

On paille le potager sur une terre humide et réchauffée, du printemps à l’automne, après la levée des semis. Compte 5 à 10 cm de paillis, et seulement 2 à 3 cm autour des jeunes plants. On ne paille jamais une terre gelée.

Quand pailler son potager ? Le bon moment dépend de la saison, mais une règle ne change pas : on paille sur une terre humide, jamais sur une terre sèche ou gelée (ADEME, DRAAF).

  • Au printemps : une fois la terre réchauffée et les semis bien levés.
  • En été : de préférence après une pluie ou un bon arrosage, avant les fortes chaleurs.
  • En automne : sur les planches libérées, pour protéger la terre avant l’hiver.

Quelle épaisseur ? Les fiches officielles donnent de 3 à 10 cm selon les matières. En pratique, au potager :

  • 5 à 7 cm pour un paillage courant (paille, litière, tonte séchée en plusieurs couches fines) ;
  • 10 cm pour vraiment limiter les herbes (DRAAF) ;
  • plus épais pour les feuilles mortes, qui se tassent vite (ADEME) ;
  • 2 à 3 cm autour des jeunes plants, qu’on complète quand ils ont grandi (DRAAF).

Deux réflexes : ne recouvre pas le collet des plantes (la base de la tige), et complète la couche au fil de la saison, car elle se décompose.

Comment pailler son potager en hiver ?

En hiver, on paille le potager sur 10 à 20 cm de paille ou de feuilles mortes, autour des légumes en place et sur les planches vides. Le paillage d’hiver protège la terre du gel, de la pluie et du tassement.

Le paillage d’hiver a deux missions : protéger les légumes encore en place, et protéger la terre elle-même. Une terre nue en hiver se tasse sous la pluie et perd sa vie ; une terre couverte reste souple et prête pour le printemps.

  • Autour des légumes en place (poireaux, choux, carottes, panais) : 10 à 20 cm de paille, de feuilles mortes ou de fougères au pied (Rustica).
  • Sur les planches vides : une couche épaisse de feuilles mortes ou de litière, qui se décomposera doucement jusqu’au printemps.
  • Pour préparer une nouvelle planche : du carton brun posé sur l’herbe, recouvert de paille ou de feuilles. Au printemps, l’herbe dessous a disparu et la terre est grumeleuse.
  • Contre le gel : le paillage protège le sol et les racines. Pour protéger le feuillage des salades, on ajoute un voile d’hivernage (voir notre article dédié).

Chez nous, le carton et les feuilles mortes ne restent pas en surface : on les enfouit à l’automne dans les planches qui restent vides jusqu’au printemps. Ils ont tout l’hiver pour se décomposer, et la faim d’azote passe avant les premières cultures. Sur les planches cultivées, en revanche, le paillage reste en surface.

Testé chez nous

Chez nous, la litière a deux vies. En petit tapis sur le potager, c’est un paillage frais. Mais là où on la stocke en tas, elle chauffe et se transforme en fumier. Ce fumier-là, on l’incorpore légèrement à la terre, à la bonne saison : le fumier frais s’apporte à l’automne ou en hiver, pour avoir le temps de mûrir avant les cultures, le fumier bien décomposé au printemps, et jamais directement au pied des plantes (Jardiner Malin).

Faut-il enlever le paillage au printemps ?

Au printemps, on libère la terre du potager quelques semaines avant de semer, pour qu’elle se réchauffe. Une paille encore sèche s’écarte ; un paillage déjà décomposé et riche, comme une litière de lapin, s’incorpore en surface à la terre.

Faut-il enlever le paillage au printemps ? Au potager, oui, en partie. Un paillis épais garde la terre froide et humide, et retarde les semis. Il abrite aussi les limaces au moment où les jeunes pousses sortent (ADEME, DRAAF).

  • Écarte-le plutôt que de l’enlever : pousse-le sur les côtés de la planche ou dans les allées (ADEME).
  • Ce qui reste décomposé, laisse-le en surface : c’est déjà de l’humus.
  • N’enfouis pas une paille fraîche en profondeur : enterrée, elle provoque une faim d’azote et favorise certaines larves (ADEME).
  • Remets-le quand les semis ont levé et que la terre est réchauffée, en commençant mince autour des jeunes plants.

Testé chez nous

Chez nous, on mélange. Au printemps, notre litière a passé l’hiver dehors : elle est déjà à moitié décomposée, et l’urine et les crottes l’ont enrichie en azote. Alors on ne l’écarte pas, on la mélange aux premiers centimètres de terre. C’est différent d’enfouir de la paille sèche : la nôtre est déjà presque du compost. Si ton paillage est une paille seule, encore jaune et sèche, écarte-la plutôt.

En résumé : un sol jamais nu

Pailler son potager, c’est appliquer une règle simple : ne jamais laisser la terre nue. De la paille, des feuilles mortes, une tonte séchée ou, comme chez nous, la litière des lapins : la matière compte moins que le geste. Assez épais, en surface, et libéré au printemps : ta terre te le rendra. Pour les autres gestes de la saison, notre page Le potager en hiver t’attend.

Côté terrier

« Nous, les lapins, on est un peu les fournisseurs officiels du paillage. La paille, on la tasse, on la parfume, on l’enrichit, et ensuite elle part nourrir tes légumes. Tu vois le circuit ? Nos salades d’hiver poussent un peu grâce à nous. C’est pour ça qu’on estime qu’elles nous reviennent. »

Questions fréquentes sur le paillage du potager

Le paillage attire-t-il les limaces ?

Un paillis frais et humide, comme une tonte non séchée ou des déchets de légumes, peut les attirer. Un paillage sec et aéré, comme la paille, les gêne au contraire. Et au printemps, écarter le paillage autour des semis limite leurs cachettes.

Peut-on mettre du carton dans le potager ?

Oui, du carton brun, sans encre colorée ni scotch. Posé sur l’herbe en automne et recouvert de paille ou de feuilles, il prépare une nouvelle planche pour le printemps. Il se décompose en quelques mois.

Peut-on pailler avec de la tonte de gazon ?

Oui, à condition de la faire sécher 1 à 2 jours et de la poser en couche fine. Trop épaisse ou trop fraîche, elle fermente, chauffe et attire les limaces.

La paille de lin est-elle un bon paillage ?

Oui, notamment sous les fraisiers et les tomates : elle retient bien l’eau et se décompose vite. Elle s’achète en sac et peut former une croûte en surface : griffe-la de temps en temps pour laisser passer l’eau.

C’est quoi, un paillage naturel ?

C’est un paillage d’origine végétale (ou animale, comme une litière en paille) qui se décompose et nourrit la terre : paille, feuilles mortes, tonte, foin, broyat. Par opposition aux paillis minéraux (billes d’argile, ardoise) ou aux toiles plastiques, qui n’apportent rien au sol.

Faut-il ajouter de l’engrais avec un paillage en paille ?

Pas forcément. La paille consomme un peu d’azote en se décomposant ; un apport de compost, de fumier ou, comme chez nous, une litière de lapin compense cette faim d’azote. Le plus important est de ne pas enfouir une paille fraîche en profondeur.

Peut-on pailler avec du thuya ou des aiguilles de pin ?

Pas au potager. Le thuya et le cyprès contiennent des substances toxiques pour les cultures, et les aiguilles de pin acidifient la terre. Garde-les pour les allées ou, pour les aiguilles, pour les plantes de terre de bruyère.

Le paillage transmet-il des maladies ?

Le paillage lui-même, non. Mais évite d’y mettre des débris de plantes malades, surtout de la même famille que les légumes que tu protèges, par exemple des fanes de tomates touchées par le mildiou au pied des tomates.

Pour aller plus loin